Les cent premiers jours ne pardonnent pas toujours
La plupart des conseils sur la prise de poste insistent sur l’écoute, l’observation, le temps à prendre avant d’agir. C’est juste dans la majorité des cas. Mais certaines décisions ne peuvent pas attendre : elles doivent être prises tôt, souvent avant d’avoir toute l’information, et elles engagent durablement.
Trois types de décisions qui ne se rattrapent pas
- Les premiers arbitrages visibles : la façon dont on tranche un premier désaccord signale, pour longtemps, comment on tranchera les suivants
- Les nominations et confirmations de poste : revenir dessus six mois plus tard coûte beaucoup plus cher, en confiance, que d’avoir pris un peu plus de temps au départ
- Les engagements pris à l’extérieur — devant un comité, un actionnaire, un client majeur — avant d’avoir vérifié qu’ils sont tenables en interne
Pourquoi la vitesse est trompeuse
Un dirigeant qui vient de prendre son poste est souvent jugé, en interne, sur sa capacité à agir vite. Cette pression pousse à trancher plus tôt que ce que la situation permettrait raisonnablement. Le risque n’est pas d’agir : c’est de trancher un sujet structurant avec le niveau d’information d’un sujet mineur.
Ce qui aide dans cette période
Distinguer, dès l’arrivée, ce qui relève de l’urgence apparente et ce qui relève de la décision réellement engageante change la manière d’allouer son attention. Un regard extérieur, sans enjeu de carrière dans l’organisation, aide souvent à faire ce tri plus vite qu’en le faisant seul.
Ce sujet est développé plus largement dans pourquoi un dirigeant a besoin d’un regard extérieur, même quand tout va bien, et fait partie de l’accompagnement dédié aux dirigeants.